3 décembre 2025

L'Assemblée générale de l'ONU a exigé mercredi, à une large majorité, que la Russie ramène immédiatement et sans condition tous les enfants ukrainiens qui ont été transférés ou déportés de force depuis le début de la guerre.
Le projet de résolution, présenté lors de la session extraordinaire d'urgence, a été approuvé par 91 voix pour, 12 contre et 57 abstentions, dépassant la majorité des deux tiers requise des membres présents et votants.
La résolution exprime sa profonde préoccupation concernant le sort des enfants ukrainiens séparés de leurs familles depuis 2014 – date à laquelle Moscou a annexé la Crimée –, y compris ceux transférés au sein du territoire ukrainien occupé et ceux déportés en Russie.
Elle décrit ces actes comme des violations des Conventions de Genève, qui interdisent le transfert forcé ou la déportation de personnes protégées depuis un territoire occupé.
Résolution détaillée
Elle « exige que la Fédération de Russie assure le retour immédiat, sûr et sans condition de tous les enfants ukrainiens qui ont été transférés ou déportés de force », et exhorte Moscou à cesser toute pratique ultérieure de déportation, de séparation des familles, de changement de citoyenneté, d'adoption ou de placement dans des familles d'accueil, ainsi que d'endoctrinement.
Le texte appelle également le Secrétaire général de l'ONU à renforcer ses bons offices, notamment par l'intermédiaire de sa Représentante spéciale pour les enfants et les conflits armés, afin de coordonner l'action de l'ONU, d'engager le dialogue avec la Russie pour retrouver les personnes emmenées et d'assurer l'accès aux organisations internationales de suivi et humanitaires.
Il exprime également son soutien aux initiatives internationales visant à garantir le retour rapide des enfants ukrainiens ainsi que leur réhabilitation et leur réintégration, incluant l'accès aux soins de santé, au soutien psychosocial et à l'éducation.
Enlevés sous la menace d'une arme
En ouvrant la réunion, la Présidente de l'Assemblée générale, Annalena Baerbock, a décrit l'épreuve vécue par les enfants ukrainiens arrachés à leur foyer.
« Imaginez que vous ayez 16 ans et que vous vaquiez à vos occupations […] quand soudain, des soldats armés de mitrailleuses portant des cagoules pour masquer leur visage font irruption chez vous », a-t-elle déclaré.
« Ils vous forcent à monter dans leur véhicule et vous emmènent vers une direction inconnue, et vous vous retrouvez coincé pendant des mois dans un cauchemar, avec un nom différent. »
Elle a souligné que le droit international est sans équivoque.
« Ce à quoi nous assistons n'est donc pas seulement une tragédie concernant quelques enfants, mais une violation du droit international », a déclaré Mme Baerbock, citant l'article 49 de la Quatrième Convention de Genève.
